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Les lieux de notre enfance nous ont façonné
Je (re)découvre à quel point on garde des souvenirs précis des lieux de notre enfance.
Hier, je discutais avec un collègue et je lui parlais d’un restaurant que j’adore dans une petite ville à la frontière avec la France, et il s’avère que c’est dans cette ville qu’il a grandi. On a commencé à détailler ce qui nous plaisait dans cette ville, mais aussi tout ce qu’il y a d’incongru et notamment, il me raconte qu’il existe une rue qui est à l’exact emplacement de la frontière. De sorte qu’un côté de la rue est belge et l’autre côté français.Alors on ouvre Google Maps, il ne se souvient pas du nom de la rue, mais il se souvient du nom de la rue d’à-côté ! Il tape le nom de la rue et, avec Google Street view, on remonte la rue et on peut découvrir cette fameuse rue où passe la frontière.
La première chose qu’il dit : ah il y avait une boucherie ici, elle n’y est plus maintenant.
En regardant de plus près, on voit que les panneaux de signalisation et les marquages au sol ne sont pas les mêmes selon qu’on est en France ou en Belgique. On s’en amuse, “c’est dingue !” Et on a continué notre balade, il s’est souvenu de la boulangerie belge où il passait acheter une couque (une viennoiserie) avant d’aller jouer au parc en France.
Et je me suis dit : les rues de notre enfance, on en retient le nom, on se rappelle des magasins. On en est encore tout imprégné. L’environnement concret dans lequel on a grandi, nous a façonné – qu’on l’ait intégré ou qu’on l’ait rejeté, il nous a marqué. Tout joue : la hauteur des maisons, leur couleur, la texture du crépis ou de la brique, les motifs du trottoir, en dalles ou en goudron, les pierres qui font le caniveau, la taille des gouttières, si les fenêtres sont hautes ou basse, s’il y a des fleurs au balcon, s’il y a des balcons, tout joue.
Je comprends alors mieux ma nostalgie pour les lieux de mon enfance et cet enthousiasme que j’ai pour les maisons, parce qu’elles charrient toutes ces histoires qui nous appartiennent.